Le vent tourne dans le paysage médiatique béninois. Si vous pensiez que lancer un journal en ligne ou une radio en FM était un jeu d’enfant, détrompez-vous. La justice a décidé de mettre les points sur les i.
Ce lundi 10 mai 2026, une annonce a secoué la profession : le procureur de la République, Narindra Rakotoniaina, a officiellement placé les organes de presse sans existence légale dans son viseur. Et il ne plaisante pas.
L’information a été diffusée via un communiqué officiel, relayé en exclusivité sur les réseaux sociaux. Voir sur Instagram
Pourquoi cette chasse aux sorcières ?
Le constat est simple mais alarmant. Selon le parquet, plusieurs médias opèrent au Bénin sans le moindre récépissé de déclaration, ni numéro de registre de commerce.
https://www.instagram.com/p/DWqMTKrlINt/
Ces entités, souvent actives sur les réseaux sociaux, diffusent des informations sans cadre légal. Résultat : des dérives, des fake news, et une concurrence déloyale pour les professionnels en règle.
Les chiffres qui font froid dans le dos
Une enquête préliminaire menée par la brigade de recherche a révélé que près de 30 % des médias en ligne actifs au Bénin sont dans l’illégalité. Soit une centaine d’organes qui devront bientôt répondre de leurs actes.
Le procureur Rakotoniaina a été clair : « Nous ne fermerons pas les yeux sur cette anarchie. La liberté de la presse ne signifie pas l’absence de règles. »
Les conséquences pour les contrevenants
Les sanctions prévues sont sévères. Les propriétaires de ces organes de presse sans existence légale risquent des amendes allant de 500 000 à 5 millions de francs CFA, voire une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux ans.
https://www.instagram.com/p/DUlwkLIjQ6L/
Mais ce n’est pas tout. Le procureur a également annoncé la saisie des équipements utilisés pour la diffusion : ordinateurs, serveurs, caméras, tout y passera.

Un précédent qui fait réfléchir
Rappelons que l’affaire Lionel PCS, qui avait défrayé la chronique en 2025, avait déjà mis en lumière les dangers des médias non régulés. Voir les points clés sur Instagram
Cette fois, la justice semble déterminée à ne pas laisser le phénomène s’étendre. Les premiers contrôles auront lieu dès cette semaine à Cotonou et Abomey-Calavi.
Réactions dans la profession
Du côté des syndicats de presse, on applaudit la fermeté tout en appelant à la nuance. « Nous soutenons la régularisation, mais il faut accompagner les petits médias qui manquent de moyens administratifs », a déclaré un représentant de l’UNIPB.

D’autres, plus critiques, y voient une tentative de museler la liberté d’expression. Le débat est donc loin d’être clos.
Que faire si vous êtes concerné ?
Si vous gérez un média sans papiers, le procureur vous laisse un ultimatum de 30 jours pour vous mettre en conformité. Passé ce délai, les poursuites seront automatiques.
Il suffit de se rendre à la direction départementale de la communication pour obtenir les formulaires nécessaires. Le processus est gratuit et ne prend que quelques heures.
Conclusion : une leçon pour tous
Cette opération coup de poing rappelle une vérité simple : au Bénin, comme ailleurs, la liberté ne va pas sans responsabilité. Les organes de presse sans existence légale sont désormais dans le viseur, et personne ne pourra dire qu’il ne savait pas.
Alors, si vous êtes journaliste, blogueur ou même simple influenceur, vérifiez vos papiers. La justice veille, et elle a les yeux grands ouverts.








