Kinshasa, 17 juin 2026. Le Sénat de la République démocratique du Congo a adopté ce matin, par une majorité écrasante, le projet de loi référendaire controversé. Dans la foulée, l’opposition a haussé le ton, exigeant la démission du président Félix Tshisekedi. La tension est à son comble dans la capitale.
Un vote qui divise le pays
Le vote a eu lieu dans une ambiance survoltée au Palais du peuple. Les sénateurs de la majorité ont salué une « avancée démocratique », tandis que leurs collègues de l’opposition criaient au « coup d’État constitutionnel ».
Le texte, porté par le député Paul-Gaspard Ngondankoy, prévoit un référendum sur une nouvelle Constitution. L’opposition y voit une manœuvre pour permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.
Les arguments du gouvernement
Le ministre de la Justice a défendu le projet en affirmant qu’il s’agit de « moderniser les institutions » et de « résoudre un certain nombre de problèmes structurels ». Il a cité la nécessité de renforcer la décentralisation et de stabiliser le pays.
Mais pour l’opposition, ces arguments ne tiennent pas. « C’est un prétexte pour verrouiller le pouvoir », a déclaré un député de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) dissident.
L’opposition monte au créneau
Dès l’annonce du résultat, les leaders de l’opposition ont exigé la démission de Tshisekedi. « Il a trahi la Constitution et le peuple congolais », a tonné Martin Fayulu, candidat malheureux à la présidentielle de 2018.
Des manifestations spontanées ont éclaté à Kinshasa, Lubumbashi et Goma. Les forces de l’ordre ont dispersé les foules à coups de gaz lacrymogènes. Le bilan provisoire fait état de plusieurs blessés.
https://x.com/wembi_steve/status/1849161756410556743
La question du troisième mandat
L’article 220 de la Constitution actuelle interdit toute révision sur la limitation du mandat présidentiel. L’opposition accuse le chef de l’État de vouloir contourner cette disposition par un référendum.
« Ce qu’on n’a pas le courage de dire, c’est qu’une nouvelle Constitution permettrait à Tshisekedi de se représenter », a tweeté le journaliste Steve Wembi, citant un député de l’opposition.
Le député Ngondankoy a tenté de calmer le jeu dans un communiqué publié le 1er mai 2026. Il assure que le texte ne vise pas à organiser un référendum sur le mandat, mais sur des réformes institutionnelles. Peine perdue : la défiance est totale.
https://x.com/StanysBujakera/status/2050207722037969156
Quel avenir pour la RDC ?
Le référendum, s’il est confirmé par l’Assemblée nationale, pourrait se tenir dès septembre 2026. Mais le climat politique est explosif. Les appels à la démission de Tshisekedi se multiplient, et la communauté internationale observe avec inquiétude.
L’Union africaine a appelé au dialogue, tandis que les États-Unis ont exprimé leur « préoccupation » face à ce qu’ils considèrent comme un affaiblissement de l’État de droit.
Et si Tshisekedi tenait bon ?
Le président, qui n’a pas encore réagi officiellement, pourrait compter sur une majorité parlementaire solide. Mais l’opposition promet de ne pas lâcher prise. « Nous irons jusqu’au bout, par tous les moyens légaux », a averti un porte-parole de la coalition d’opposition.
Dans les rues de Kinshasa, l’ambiance est morose. « On a l’impression de revivre les heures sombres de Mobutu », confie un étudiant, amer.
Conclusion : le pays retient son souffle
La RDC est à un tournant. Le vote du Sénat n’est qu’une étape, mais il a déjà fracturé le paysage politique. L’opposition exige la démission de Tshisekedi, et le peuple descend dans la rue. Reste à savoir si le président cédera à la pression ou s’il jouera son va-tout.
Une chose est sûre : les prochains jours seront décisifs. Suivez l’actualité sur notre site pour ne rien manquer de ce feuilleton politique haletant.
