RDC : la loi référendaire adoptée par les deux chambres, l’opposition mobilisée à Kinshasa
Le Sénat congolais a adopté le 15 juin, à l'unanimité des 89 sénateurs présents, le texte encadrant un référendum constitutionnel, déjà voté par l'Assemblée nationale le 9 juin. L'opposition y voit une manœuvre pour permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.
Kinshasa, 17 juin 2026. Le Sénat de la République démocratique du Congo a adopté le 15 juin, à l’unanimité des 89 sénateurs présents, le projet de loi encadrant l’organisation d’un référendum. Le texte avait déjà été voté par l’Assemblée nationale le 9 juin, par 348 voix contre 2 et une abstention. À Kinshasa, l’opposition conteste la démarche et la tension reste vive.
Un vote qui divise le pays
Le vote s’est tenu au Palais du peuple. Les sénateurs de la majorité ont défendu une avancée démocratique, quand l’opposition dénonçait un contournement de la Constitution.
Le texte, dont l’auteur est le député Paul-Gaspard Ngondankoy, prévoit un référendum sur une nouvelle Constitution. La proposition a été adoptée en premier lieu par l’Assemblée nationale le 9 juin, avant le vote du Sénat.
L’opposition y voit une manœuvre pour permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat.
Les arguments du gouvernement
Le ministre de la Justice a défendu le projet en affirmant qu’il s’agit de « moderniser les institutions » et de « résoudre un certain nombre de problèmes structurels », citant la décentralisation et la stabilisation du pays.
Pour l’opposition, ces arguments ne tiennent pas : le dispositif, selon elle, vise à contourner la limitation du nombre de mandats présidentiels.
L’opposition monte au créneau
Martin Fayulu, candidat malheureux à la présidentielle de 2018, s’est mobilisé contre la loi référendaire.
À Kinshasa, le rassemblement organisé par l’opposition le 12 juin a été dispersé à coups de gaz lacrymogènes. Radio Okapi, citant les organisateurs, fait état de deux militants tués et de plusieurs blessés graves, dont des responsables de l’opposition ; ce bilan n’a pas été confirmé par les autorités.
https://x.com/wembi_steve/status/1849161756410556743
La question du troisième mandat
L’article 220 de la Constitution actuelle interdit toute révision sur la limitation du mandat présidentiel. L’opposition accuse le chef de l’État de vouloir contourner cette disposition par un référendum.
Sur les réseaux sociaux, opposants et journalistes congolais agitent l’hypothèse qu’une nouvelle Constitution permettrait à Félix Tshisekedi de se représenter. Les autorités n’ont pas confirmé cette interprétation.
Le député Ngondankoy a défendu le dispositif, affirmant qu’il pouvait ouvrir la voie à une réforme constitutionnelle. Un communiqué du 1er mai 2026 lui est prêté, qui aurait assuré que le référendum ne porterait pas sur le mandat présidentiel : son contenu exact n’a pas pu être vérifié.
https://x.com/StanysBujakera/status/2050207722037969156
Quel avenir pour la RDC ?
Le texte a franchi les deux chambres ; restent les étapes institutionnelles prévues par la procédure. Aucun calendrier ferme n’est arrêté à ce stade : l’hypothèse d’un référendum dès septembre 2026 relève de la spéculation et non d’une décision officielle.
Et si Tshisekedi tenait bon ?
Le président n’avait pas publiquement réagi au moment de la publication de cet article, selon les sources consultées. Il peut compter sur une majorité parlementaire solide, tandis que l’opposition annonce qu’elle poursuivra son combat par les voies légales.
Conclusion : le pays retient son souffle
Le vote du Sénat n’est qu’une étape, mais il a déjà fracturé le paysage politique congolais. L’opposition conteste la légitimité de la démarche et promet de se battre sur le terrain juridique comme politique.
Une chose est sûre : les prochaines étapes seront décisives. Suivez l’actualité sur notre site pour ne rien manquer de ce dossier.
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