Abidjan : la CEDEAO plaide pour des frontières au service des populations
La CEDEAO a défendu une gouvernance frontalière centrée sur les populations lors du 3e Forum des frontières d’Abidjan, tenu du 20 au 22 octobre. La Déclaration d’Abidjan recommande notamment de renforcer la coopération transfrontalière et les infrastructures.
La gestion des frontières ouest-africaines ne peut se limiter aux lignes de séparation : elle doit aussi répondre aux réalités des communautés qui y vivent. C’est l’approche défendue par la Représentation permanente de la CEDEAO auprès de l’Union africaine, dont la participation au 3e Forum des frontières d’Abidjan a été annoncée par l’organisation. Le forum s’est tenu du 20 au 22 octobre 2026.
La CEDEAO a soutenu une gouvernance qui place les communautés frontalières au centre des décisions et s’appuie sur la coopération transfrontalière et l’intégration des peuples. Les sources disponibles ne précisent pas l’identité ni la fonction du représentant de la représentation permanente présent aux travaux.
https://x.com/ecowas_cedeao/status/2115213203625980200
Les communautés au cœur des discussions
Organisé au Parc des Expositions d’Abidjan, à Port-Bouët, le forum était placé sous le thème « Les peuples aux frontières : culture, intégration et sécurité ». Certaines communications officielles emploient également la formulation « Les populations aux frontières ».
https://x.com/ecowas_cedeao/status/2115213152984134000
La Côte d’Ivoire, à travers sa Commission nationale des frontières, et la Commission de l’Union africaine ont organisé conjointement cette troisième édition. Le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, a ouvert le forum le 20 octobre. Mahmoud Ali Youssouf était alors président de la Commission de l’Union africaine.
Au-delà du contrôle des limites territoriales
Le thème lie trois dimensions : la culture, l’intégration et la sécurité. Il rappelle que la gouvernance frontalière concerne aussi les relations entre les populations et la coopération entre les espaces voisins, et pas uniquement l’administration des limites territoriales.
La position défendue par la CEDEAO s’inscrit dans cette approche. La coopération transfrontalière et l’intégration des peuples sont présentées comme des leviers pour mieux associer les communautés aux politiques qui touchent leurs territoires.
Des recommandations à mettre en œuvre
Les recommandations annoncées à l’issue du forum portent notamment sur la ratification et la mise en œuvre de la Convention de Niamey, le renforcement du Programme frontières de l’Union africaine, le développement d’infrastructures transfrontalières et la valorisation de la culture.
Ces orientations couvrent des chantiers différents, mais complémentaires. Le forum a appelé à la ratification, au déploiement et à l’application rigoureuse de la Convention de Niamey, cadre continental de coopération transfrontalière. Il a également mis en avant le rôle du Programme frontières de l’Union africaine et la nécessité de renforcer les infrastructures reliant les territoires frontaliers.
Une déclaration, pas encore un bilan d’exécution
Les travaux se sont achevés par l’adoption de la Déclaration d’Abidjan sur les peuples aux frontières. Le texte formalise les recommandations issues de la rencontre, mais son adoption ne signifie pas, à elle seule, que celles-ci sont déjà appliquées sur le terrain.

Le passage des engagements à l’action dépendra notamment de leur traduction en mesures concrètes par les États et les institutions concernés. La portée de la déclaration dépendra du suivi qui lui sera donné.
La culture comme dimension de l’intégration
La place accordée à la culture dans le thème et les recommandations élargit la discussion au-delà des dispositifs institutionnels. La valorisation des pratiques et des liens culturels est présentée comme une composante de l’intégration des populations frontalières.
Pour la CEDEAO, cette approche centrée sur les peuples met l’accent sur les besoins des communautés et sur la coopération entre territoires. Le forum d’Abidjan a ainsi rapproché la gouvernance frontalière de questions concrètes de sécurité, d’infrastructures et de cohésion.
La Déclaration d’Abidjan rassemble les recommandations issues de cette troisième édition. L’enjeu sera de les transformer en coopération durable et en actions qui associent effectivement les communautés concernées.
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