Togo : le taux de mise en œuvre des réformes communautaires de l’UEMOA estimé à 69 %

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Imaginez un peu : vous planifiez un grand dîner, vous avez une liste de courses longue comme le bras, et au moment de passer à table, vous réalisez que vous n’avez préparé que 69 % des plats. C’est un peu le sentiment qui règne à Lomé après la publication des chiffres de mise en œuvre des réformes communautaires de l’UEMOA. Le Togo affiche un taux de 69 %, un score qui fait jaser dans les couloirs des ministères et les bureaux des partenaires au développement.

Un score honorable, mais perfectible

Selon les données publiées ce 4 juin 2026 par la Commission de l’UEMOA, le Togo se classe dans le peloton de tête des pays membres pour l’application des directives et règlements communautaires. Ce taux de 69 % représente une progression de 5 points par rapport à l’année précédente, une performance saluée par les experts.

« C’est un bon signal pour les investisseurs », explique un analyste économique basé à Lomé. « Cela montre que le pays respecte ses engagements et crée un environnement des affaires plus prévisible. » Mais attention, la route est encore longue : 31 % des réformes restent en souffrance, notamment dans les secteurs de la fiscalité intérieure et de la libre circulation des capitaux.

Les réformes qui avancent… et celles qui coincent

Parmi les réformes les mieux appliquées, on retrouve celles liées à la convergence des politiques macroéconomiques et à l’harmonisation des statistiques. Le Togo a notamment mis en place un système de comptabilité nationale conforme aux normes de l’UEMOA, ce qui a valu au pays des félicitations de la part du commissaire chargé des politiques économiques.

En revanche, le bât blesse du côté de la réforme du tarif extérieur commun et de la simplification des procédures douanières. Les opérateurs économiques togolais se plaignent encore de lourdeurs administratives qui freinent le commerce transfrontalier. « On avance, mais pas aussi vite qu’on le voudrait », confie un importateur de textiles à Cotonou.

https://x.com/TogoFirst/status/2053919715731411360

Le secteur privé monte au créneau

Le 11 mai dernier, lors d’une rencontre de dialogue entre l’UEMOA et le secteur privé, les représentants des chambres de commerce ont haussé le ton. Ils réclament une accélération des réformes pour faciliter les affaires et réduire le coût des transactions régionales. Voir sur Instagram

« Le taux de 69 % est encourageant, mais il ne doit pas endormir les autorités », a déclaré un responsable de la Fédération des entreprises du Togo. « Nous avons besoin de 100 % pour être compétitifs face à d’autres régions du continent. » La pression monte donc sur les ministères concernés pour qu’ils finalisent les réformes en suspens d’ici la fin de l’année.

Et la CEDEAO dans tout ça ?

Parallèlement à ces efforts au sein de l’UEMOA, le Togo doit aussi jongler avec les exigences de la CEDEAO. La double appartenance à ces deux espaces d’intégration régionale crée parfois des contraintes supplémentaires. Mais les autorités togolaises assurent que la coordination est assurée, et que le pays reste un modèle de stabilité et de réformes en Afrique de l’Ouest.

Pour l’instant, le gouvernement togolais mise sur la digitalisation des procédures administratives pour améliorer le taux de mise en œuvre d’ici la prochaine revue annuelle, prévue en mai 2027. Une stratégie qui pourrait bien faire grimper la note à 75 % ou plus.

Conclusion : un cap à tenir

Alors, ce 69 % est-il une note de passage ou un appel à faire mieux ? Tout dépend de l’ambition du Togo. Si le pays veut devenir la porte d’entrée de l’Afrique de l’Ouest pour les investisseurs, il devra mettre les bouchées doubles. En attendant, les regards sont tournés vers le prochain rapport, et les opérateurs économiques croisent les doigts pour que les 31 % restants ne restent pas lettre morte. Affaire à suivre, comme on dit dans les couloirs de l’UEMOA.

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