Accra, 28 mai 2026 – Les premiers Ghanéens victimes de violences xénophobes en Afrique du Sud ont posé le pied sur le sol natal ce matin à l’aéroport international Kotoka. Un vol charter affrété par le gouvernement a ramené 270 ressortissants, accueillis par des familles en larmes et des ministres en costume-cravate. L’émotion était palpable.
Ces rapatriements interviennent après une semaine de tensions à Johannesburg et Durban, où des commerces tenus par des étrangers ont été pillés. Le Ghana, fidèle à sa tradition de diplomatie apaisante, a choisi la voie de l’évacuation plutôt que de l’escalade.
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Le gouvernement ghanéen a mobilisé en moins de 72 heures un Boeing 777 affrété par la compagnie nationale. Les ressortissants, majoritairement des travailleurs et des étudiants, ont été regroupés dans un centre d’accueil à Pretoria avant l’embarquement.
« Nous n’avions plus rien, juste nos papiers et nos téléphones », raconte Kwame Asare, 34 ans, qui tenait une boutique de vêtements à Soweto. « L’avion ghanéen, c’était comme un signe de Dieu. »
Une logistique bien rodée
L’ambassade du Ghana à Pretoria a établi une liste de 300 personnes éligibles au rapatriement. Les 270 premiers sont arrivés aujourd’hui ; les 30 autres devraient suivre d’ici vendredi.
Le ministre des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto, a salué « la solidarité nationale » et promis une aide à la réinstallation. « Chaque Ghanéen mérite de se sentir en sécurité, ici ou ailleurs. »
Des images qui font le tour du web
Sur les réseaux sociaux, les vidéos des rapatriés descendant de l’avion cumulent des millions de vues. Un clip Instagram publié par le gouvernement montre des enfants courant vers leurs grands-parents, des valises en carton à la main.
La diaspora en deuil, mais reconnaissante
Beaucoup de Ghanéens d’Afrique du Sud ont perdu leurs économies. Pourtant, sur les réseaux, les messages remercient Accra pour sa rapidité. « Le Ghana n’abandonne jamais ses enfants », tweetait un internaute.
Source : Instagram
Et maintenant ?
Le gouvernement prévoit d’ouvrir un fonds d’urgence pour les rapatriés, avec des formations professionnelles et des prêts à taux zéro. Certains parlent déjà de repartir, mais ailleurs.
« Je ne retournerai pas en Afrique du Sud, mais peut-être au Rwanda ou au Kenya », confie Adwoa Mensah, 29 ans. « L’Afrique est grande. On se relèvera. »
Le Ghana continue de surveiller la situation. En attendant, les familles se retrouvent. Et les larmes, cette fois, sont de joie.
Rédaction Afrique de l’Ouest Actualités – 28 mai 2026








